Comment fabriquons nous nos leurres à truite ?

Vous être crafteur, bricoleur ou juste curieux de connaitre les étapes de fabrication ? Cet article va vous aider à comprendre nos mécanismes principaux de réalisation de nos leurres à truite.
 

I) Comment faire à la main un poisson nageur ?

 
Remarque : la totalité de nos PN sont en résine biosourcée et biodégradable, mais les conseils suivants s'appliquent pour tous les matériaux.
 
Avant d'arriver au produit final, il y a énormément de main d'œuvre, mais aussi de conception pour arriver à une nage et un équilibre parfait, efficaces sur les poissons.
 
Plusieurs choses vont avoir une influence : la forme et l'inclinaison de la bavette, la forme générale du leurre, et son équilibre.
  • La bavette : c'est elle qui va faire nager le leurre. En fonction de la taille, forme et inclinaison, le leurre nagera de différente manière (nage serrée, lente ou dynamique, résistance au courant...). Il n'y a pas de science infuse (ou nous ne l'avons pas encore trouvée), il faut tester !
  • L'équilibre : c'est lui qui va "animer" le leurre lors des poses. Plusieurs sont possibles, mais en règle générale, il faut que le leurre descende à l'horizontale (en oscillant) pour un modèle coulant. Il faut donc jouer sur des lests à l'intérieur du leurre. Pour un suspending, même principe sauf que le leurre doit avoir la même densité que l'eau !
  • La forme du leurre : elle aura aussi une incidence sur la nage, sur la résistance face au courant, et aussi sur l'équilibre. En fonction de la forme, l'hydrodynamisme sera différent. Là aussi, de nombreux tests sont nécessaire.

Vous l'aurez compris, toute l'action du leurre va dépendre de ces paramètres !
 
 
Pour nos leurres, ce sont donc des mois de conception et de test qui sont nécessaires pour aboutir à une nage novatrice et un équilibre parfait. Pour cela, en plus de l'hydrodynamisme, nous jouons sur 7 à 8 points de masse différents pour arriver au meilleur équilibre possible. Les lests sont en acier en restant dans le respect de l'environnement.
 
Une fois les deux coques fabriquées (bois ou résine), on vient les assembler (en rajoutant les armatures métalliques et les lests), puis les coller (la colle va dépendre du matériau utilisé) et il sera nécessaire de les maintenir assemblé. Le ponçage est la dernière étape de la partie "assemblage".
 
La mise en peinture est faite manuellement à l'aide d'un aérographe mais certains détails sont faits au pinceau ou avec des petits bâtonnés. Les pochoirs sont obligatoires. Il est possible de les tailler dans une feuille papier ou plastique par exemple.
 
Nous utilisons comme base une peinture pailletée qui brille au soleil, et par-dessus des couleurs plus mates pour relever le coté naturel. Les peintures sont acryliques (c'est à dire que le solvant est l'eau), "Made in Spain", et sont donc plus respectueuse de l'environnement qu'une peinture solvantée.
 
 
Enfin, la dernière étape : le vernissage ! Plusieurs choix s'offrent à vous en fonction des matériaux : pour le bois, un vernis marin est suffisant alors que pour la résine, il est possible d'utiliser des vernis UV, du cellulosique, des vernis époxy... Nous conseillons un époxy anti-UV et flexible. Cela amène une excellente résistance aux chocs et permet de limiter le vieillissement en cas d'exposition au soleil.
 
Mais pourquoi ne pas utiliser un vernis biosourcé ? Nous avons testé la quasi-totalité des vernis du marché, et malheureusement il n'existe pas encore d'équivalent à l'heure actuelle, offrant une aussi bonne résistance aux éléments.
 
La limite est donc technologique.
 
Remarques : pour une application au pinceau, il est possible d'utiliser un tour à vernis, qui permet de lisser la "peau" du leurre, pour un meilleur rendu visuel !
 
 

II) Comment fabriquer un leurre souple à la main ? (ou presque)

Après plusieurs mois de tests, nous avons mis au point un imitation de vairon, très naturel et efficace en action de nage. Mais comment procéder ? Pour arriver à ce résultat, nous avons d'abord commencé à faire des prototypes en pâte à modeler. L'important est d'avoir une idée plus ou moins finale de la forme désirée.

A partir de là, l'étape suivante et de réaliser les moules. Deux solutions :
  • Produire un modèle sur l'ordinateur de façon à usiner un moule en aluminium. Ce dernier, bien qu'onéreux à fabriquer, à l'avantage d'être quasi indestructible.
  • La seconde solution est de fabriquer un moule en silicone. Je vous invite à regarder un des nombreux tutoriels disponibles sur Google.

 

 Une fois coulé/injecté en une couleur de base, il reste à peindre le leurre à l'aérographe et à le glacer (trempe) de façon à le lisser.

Remarque : nos leurres souples sont garantis sans phtalates (composés chimiques hautement toxique) rendant le leurre plus respectueux de l'environnement.

III) Têtes plombées

Bien que le plomb soit inerte dans l'environnement, il a tendance à se dégrader et à augmenter sa concentration dans l'eau et donc la toxicité. Les plus perspicaces diront que ce n'est pas la pêche qui va réellement augmenter ces taux mais plutôt les centrales d'épurations et autres installations humaines.

Cependant, ce n'est à mon sens pas une raison pour fermer les yeux. L'avantage du plomb vient de sa forte densité et sa faible température de fusion (330°C). Il n'existe que peu d'éléments pouvant le remplacer :

  • Le tungstène : plus dense que le plomb, son désavantage vient de sa température de fusion : plus de 3400°C !
  • Le zinc : un peu moins dense que le plomb, ils ont cependant une température de fusion très similaire (420°C pour le zinc), ce qui le rend très facile à chauffer. De plus, c'est un métal qui est naturellement très abondant dans la nature.

Bien que le premier choix fut porté sur le zinc, vous avez été nombreux à nous demander du tungstène qui amène une discrétion et des propriétés non négligeables à la pêche. Aujourd'hui, nous fournissons des TP en tungstène. Cependant, ce n'est pas nous qui les fabriquons, car nous manquons de moyen technique et matériel.